C’est quoi être heureux ?

« Sois heureux ! » Combien de fois avons-nous déjà entendu ou dit cette injonction à quelqu’un ?

Mais pourtant nous même, nous avons du mal à concevoir ce qu’est réellement le bonheur et comment y accéder.

Est-ce qu’il s’agit d’un état permanent ou ponctuel

Pendant longtemps, j’ai refusé de me poser la question. J’acceptais simplement l’idée qu’à partir du moment où je répondais aux attentes de la société, je n’avais pas à me plaindre et que là résidait peut-être le bonheur.

Après tout, j’avais un bon boulot et un bon salaire, une femme, des enfants et même une maison dans un quartier résidentiel. Alors comment aurais-je pu dire que je n’étais pas heureux ? 

La vérité : Je ne l’étais pas et j’ai mis longtemps à l’admettre.
Parce que l’admettre revenait, pour moi, à dire que je n’étais pas heureux avec les personnes qui m’entouraient.

Mais c’était faux et je l’ai compris il y a seulement quelques mois.
Et cette remise en question du bonheur me permet aujourd’hui d’être plus heureux, quand bien même le quotidien dans mon travail s’est dégradé, que je gagne moins d’argent, que je suis séparé et que j’habite dans un petit appart’. (Mes filles sont toujours aussi extraordinaires !)

Parce que mon bonheur ne dépend plus des autres, mais uniquement de moi.
Et pour y arriver, il m’a fallu comprendre que : 

  • Être heureux, ça s’apprend.
  • Être heureux est un choix.
  • Et qu’il faut vivre dans le présent.

Ce sont les trois notions que nous allons voir aujourd’hui.

Être heureux, ça s’apprend

J’ai longuement réfléchi à cette notion de bonheur et je pense que nous avons tous une définition, qui change avec le temps et nos expériences. Chacune d’entre elles est valable et je n’expose ici que mon point de vue. 

Certains pensent qu’être heureux, c’est une quête que nous devons mener, comme s’il s’agissait du Saint Graal. Un objet mythique et convoité, mais que nous passons notre temps à chercher sans jamais le trouver.  

Mais j’ai du mal avec cette définition. 

En ce moment, j’ai le sentiment que le bonheur est un état par défaut. C’est ce qui reste une fois que tu t’es débarrassé du sentiment que quelque chose manque à ta vie.

Alors je me dis que, peut-être, le bonheur n’est pas quelque chose que l’on hérite ni même que l’on choisit, mais une compétence très personnelle qui peut s’apprendre. 

De la même façon que nous apprenons à entretenir notre corps ou à améliorer notre alimentation. 

Dao De Jing est un livre ancestral de la culture chinoise et c’est dans cette œuvre de Lao-Tseu que j’ai trouvé une réponse : tout est question de dualité et de polarité. 

Dire que je suis heureux implique que j’ai été triste à un moment donné. Dire qu’une personne est séduisante implique qu’une autre ne l’est pas. 

Chaque pensée positive contient en elle ne serait-ce qu’un germe d’une pensée négative, et inversement. 

C’est pourquoi tant de belles choses de la vie résultent de souffrances. Il faut connaître le négatif pour pouvoir désirer et apprécier le positif.

Mais tout cela n’est qu’une question de perspective humaine.

Quand on regarde attentivement la nature, on réalise qu’elle ne connaît pas plus le bonheur que le malheur. 

Elle obéit à des lois mathématiques inébranlables. Elle suit une chaîne de causalité ininterrompue depuis le Big Bang. Tout est parfait en l’état. 

Il n’y a que dans nos têtes que nous sommes heureux ou malheureux. Ce sont nos envies qui nous conduisent à voir des choses parfaites ou imparfaites. 

En tant qu’humain, nous avons une propension à nous voir comme le centre de l’univers, cela implique que tout doit se plier à nos moindres volontés. S’il y a un manquement à cette obligation, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

Mais lorsque nous nous voyons comme une simple bactérie ou une amibe. Nous cessons de nourrir des attentes particulières à l’égard de la vie et de ce qu’elle devrait être. 

La vie n’est que ce qu’elle est. Une fois que t’acceptes ça, tu n’as plus de raison d’être heureux ou malheureux.

Nous ne faisons que passer sur Terre. Notre vie est une étoile filante à l’échelle du temps.

Il nous faut profiter de chaque instant vécu. Cela veut dire qu’il est de notre devoir de nous efforcer d’être heureux et d’envisager les choses sous leur meilleur jour plutôt que de poursuivre des désirs stupides tout au long de notre existence.

Alors oui, je considère qu’il est possible d’améliorer notre niveau de bonheur, de la même façon qu’on améliore sa forme physique.

Être heureux est un choix

Nous venons de voir qu’être heureux, ça s’apprend. Et comme toute compétence, nous pouvons l’apprendre ou non.

Notre esprit est tout aussi malléable que notre corps. 

Nous tenons pour acquise la manière dont nous avons été programmés durant les premières années de notre vie. Nous consacrons un temps et une énergie infinis à essayer de changer le monde qui nous entoure, les autres et notre propre corps.

Nous acceptons notre petite voix intérieure comme si elle était la seule source de vérité parce que la mémoire et l’identité sont des fardeaux hérités du passé, qui nous interdisent de vivre librement dans le présent. 

Il est très important de savoir se déconditionner des réponses apprises ou forgées par le temps pour pouvoir remettre en question ce que nous savons, sans nous fier à nos souvenirs ni nous reposer sur une heuristique ou des jugements tout fait.

Vivre dans le présent

Il y a deux mois, j’ai tatoué sur mes doigts un concept philosophique qui a été popularisé par Nietzsche, mais dont les stoïciens exprimaient déjà l’idée.
(Je voulais être sûr de ne jamais l’oublier.)

Il s’agit du concept d’Amor Fati.

Littéralement, on peut le traduire par « aime ton destin » .
Mais le destin dans le sens de Fatum : la fatalité 

Il ne s’agit pas de dire que notre vie est déjà toute tracée et que quoique nous fassions, il arrivera ce qu’il doit arriver.
Non, au contraire, il s’agit d’accepter notre présent et que chaque acte que nous faisons (ou ne faisons pas) détermine notre avenir. 

J’accepte ce qui m’arrive, mais ce n’est pas pour autant que je n’agis pas. 
Les actes du passé ont un effet aujourd’hui, les actes d’aujourd’hui sur demain. 

Je suis le créateur de ma propre fatalité.

Le concept d’Amor Fati implique de vivre dans le présent. 
Epictète, Sénèque ou encore Marc-Aurèle disaient que deux grands maux pèsent sur l’existence humaine : le passé et l’avenir.

Pourquoi ?
Parce que ce sont des dimensions du temps. Spinoza les appelle les passions tristes.

Lorsque le passé a été heureux, il nous tire en arrière à cause de la nostalgie de cette époque révolue.
Mais lorsque le passé a été triste, il nous tire par un sentiment bien pire qu’est la culpabilité.

On essaye de réinventer l’histoire Pourquoi j’ai dit ça, Pourquoi j’ai fait ça… Et cela nous empêche de nous réconcilier avec le présent.

On s’imagine alors qu’en s’enfuyant vers l’avenir ça ira mieux, mais il s’agit d’un leurre puisqu’on transporte nos maux avec nous.

Nous plongeons dans un autre sentiment qui est l’espoir d’une vie meilleure. Cet espoir te tient éveillé et tu songes à ce qui pourrait t’arriver de mieux que ce que tu as. 

Tu ne vis plus dans le moment présent, mais dans cette vie espérée.
Tu te prive de toute possibilité d’être heureux dans l’instant.

Apprendre à être heureux commence par accepter son présent et se défaire de tout conditionnement de pensée. 

Signature Damien Nogaret blanc

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