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La Peau de chagrin

De Honoré de Balzac

Sommaire

Résumé 

Un jeune aristocrate désargenté et désespéré, Raphaël de Valentin, reçoit d’un vieil antiquaire une peau d’onagre miraculeuse et maléfique : elle satisfait tous ses désirs, mais sa superficie, liée par un charme mystérieux à la durée de la vie de son possesseur, rétrécit à chaque souhait exaucé.

Raphaël, qui rêvait de conquérir le monde, découvre ainsi, au prix de sa propre existence, que « Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit ». Seul face à sa mort, dont il peut chaque jour calculer l’échéance, il délaisse la société des hommes, renonce à la jouissance du monde : en vain, même l’amour pur et partagé ne pourra le sauver.

Dans le décor très réaliste des années 1830, La Peau de chagrin plonge le lecteur dans un univers proprement fantastique, un univers de l’étrange qui illustre l’une des théories philosophiques fondamentales de l’oeuvre balzacienne : l’énergie vitale.

Caractéristiques 

Auteur : Honoré de Balzac
Nombre de pages : 407
Année de parution : 1845
Éditeur : Livre de poche (1995)

Notes 

« Deux verbes expriment toutes les formes que prennent ces deux causes de mort : vouloir et pouvoir. Entre ces deux termes de l’action humaine, il est une autre formule dont s’emparent les sages, et je lui dois le bonheur et ma longévité. Vouloir nous brûle et Pouvoir nous détruit; mais Savoir laisse notre faible organisation dans un perpétuel état de calme. » (page 99)

« […] j’ai tout obtenu parce que j’ai tout su dédaigner. » (page 100)

« Ceci, dit-il d’une voix éclatante en montrant la Peau de chagrin, est le *pouvoir* et le *vouloir* réunis. Là sont vos idées sociales, vos désirs excessifs, vos intempérances, vos joies qui tuent, vos douleurs qui font trop vivre ; car le mal n’est peut-être qu’un violent plaisir. » (page 101)

« En un mot, tuer les sentiments pour vivre vieux, ou mourir jeune en acceptant le martyre des passions, voilà notre arrêt. » (page 146)

« Dix mois après avoir payé ses créanciers, mon père mourut de chagrin, il m’adorait et m’avait ruiné ; cette idée le tua. » (page 158)

« Pour juger un homme, au moins faut-il être dans le secret de sa pensée, de ses malheurs, de ses émotions; ne vouloir connaître de sa vie que les évènements matériels, c’est faire de la chronologie, l’histoire des sots ! » (page 162)

« Maintenant, je le vois, la sincérité de mon caractère a dû déplaire ! Peut-être les femmes veulent-elles un peu d’hypocrisie ? » (page 163)

« Les femmes sont habituées, par je ne sais quelle pente de leur esprit, à ne voir dans un homme de talent que ses défauts, et dans un sot que ses qualités ; elles éprouvent de grandes sympathies pour les qualités du sot qui sont une flatterie perpétuelle de leurs propres défauts, tant que l’homme supérieur ne leur offre pas assez de jouissance pour compenser ses imperfections. » (page 164)

« […] toutes elles veulent trouver dans leurs amants des motifs de satisfaire leur vanité. C’est elles encore qu’elles aiment en nous. » (page 165)

« Ces menus accidents de la vie solitaire, qui échappent aux préoccupations du monde, sont la consolation des prisonniers. N’étais-je pas captivé par une idée, emprisonné dans un système ; mais soutenu par la perspective glorieuse ! » (page 172)

« Tromper une femme ou faire faillite a toujours été même chose pour moi. Aimer une jeune fille ou se laisser aimer pour elle constitue un vrai contrat don les conditions doivent être bien entendues. » (page 178)

« Hélas ! nous ne manquons jamais d’argent pour nos caprices, nous ne discutions que le prix des choses utiles ou nécessaires. Nous jetons l’or avec insouciance à des danseuses, et nous marchandons un ouvrir dont la famille affamée attend le payement d’un mémoire. » (page 185)

« Le monde lui appartenait, il pouvait tout et ne voulait plus rien. Comme un voyageur au milieu du désert, il avait un peu d’eau pour la soif et devait mesurer sa vie au nombre des gorgées. Il voyait ce que chaque désir devait lui coûter de jours. » (page 268)

« Presque joyeux de venir une sorte d’automate, il abdiquait la vie pour vivre, et dépouillait son âme de toutes les poésies du désir. » (page 279)

« L’homme n’a-t-il pas une âme, un corps et une raison ? L’une de ces trois causes premières agit en nous d’une manière plus ou moins forte, et il y aura toujours de l’homme dans la science humaine. Crois-moi Raphaël, nous ne guérissons pas, nous aidons à guérir. » (page 342)

« La clef de toutes les sciences est sans contredit le point d’interrogation, nous devons la plupart des grandes découvertes au : Comment ? et la sagesse dans la vie consiste peut-être à se demander à tout propos : Pourquoi ? Mais aussi cette factice prescience détruit-elle nos illusions. » (page 352)

« Le sentiment que l’homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance; mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse. » (page 370)

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