les nuits blanches

Les nuits blanches

De Fédor Dostoïevski

Sommaire

Résumé 

«C’était une nuit merveilleuse, une de ces nuits comme il n’en peut exister que quand nous sommes jeunes, ami lecteur. Le ciel était si étoilé, un ciel si lumineux, qu’à lever les yeux vers lui on devait malgré soi se demander : se peut-il que sous un pareil ciel vivent toutes sortes d’hommes irrités et capricieux ? Cela aussi, c’est une question jeune, ami lecteur, très jeune, mais puisse le Seigneur vous l’inspirer souvent !…»

Le « roman sentimental » du maître russe, magistralement adapté au cinéma par Luchino Visconti en 1957.

Caractéristiques 

Auteur : Fédor Dostoïevski 
Nombre de pages : 112
Année de parution : 1848
Éditeur : Folio(2021)

Notes 

« Ou ne fut-il créé peut-être
Que pour demeurer un instant
Au voisinage de ton coeur ? … »
Citation de Iv. Tourgueniev

« Elle me rappelle malgré moi la jeune personne étique et malingre que vous regardez parfois avec pitié, parfois avec une sorte de charité compatissante, et que parfois aussi, tout bonnement, vous ne remarquez pas, mas qui tout à coup, en un instant, comme à l’improviste, devient une beauté merveilleuse, inexplicable, tandis que, stupéfait, enivré, vous vous demandez malgré vous : quelle force a fait briller d’un tel feu ces yeux pensifs et tristes ? » (page 17)

« Mais l’instant passe, et peut-être dès demain vous rencontrez de nouveau le même regard pensif et distrait d’avant, le même visage pâle, la même soumission et la même timidité dans les mouvements, et même un repentir, même les traces de quelque mortifiant ennui ou dépit pour cet entraînement d’une minute… Et vous, vous avez le regret que se soit si vite, si irrévocablement fanée cette éphémère beauté, qu’elle ait brillé si illusoire et si vaine devant vous – le regret, puisque vous n’avez même pas eu le temps de l’aimer… » (page 18)

« La demoiselle, elle, filait comme une flèche, hâtive et timide, comme vont en général toutes les demoiselles qui ne veulent pas qu’on s’offre à les accompagner chez elles la nuit […] » (page 20)

« […] Ah ! si vous saviez combien de fois j’ai été amoureux de cette façon-là ! …
— Mais comment cela, de qui donc ? …
— Mais de personne, de l’idéal, de celle qui me visite en songe. Je crée dans mes rêves des romans entiers. Oh ! vous ne me connaissez pas ! » (page 22)

« 3 Ne soyez pas fâché ; je ris parce que vous êtes votre propre ennemi, parce que, si vous essayiez, vous réussiriez peut-être, oui, ne fût-ce que dans la rue : plus on y va simplement, et mieux ça vaut… » (page 24)

« […] Voici ce qu’il y a : je ne peux pas ne pas revenir ici demain. Je suis un rêveur ; j’ai si peu de vie réelle que, des minutes comme celle-ci, comme maintenant, j’en compte si peu que je ne peux pas ne pas les reproduire dans mes rêveries. Je rêverai de vous toute la nuit, toute la semaine, toute l’année. Je reviendrai demain, obligatoirement, et justement ici, à ce même endroit, à cette même heure, et je serai heureux au souvenir de la veille. » (page 26)

« Il pense que c’est une pauvre vie misérable, sans deviner que, pour lui aussi peut-être, un jour sonnera l’heure chagrine où pour un seul jour de cette vie misérable il donnera toutes ses années fantastiques, et même pas pour de la joie ou du bonheur, et où il ne voudra même pas choisir, à ce moment de peine, de repentir et d’infini chagrin. Mais tandis qu’il n’est pas encore arrivé, ce temps redoutable, il ne désire rien car il est au-dessus des désirs car il a tout avec lui, car il est saturé, car il est lui-même l’artiste de sa vie et il la crée à chaque instant selon sa nouvelle fantaisie. » (page 44-45)

« Maintenant que je suis assis auprès de vous et que je vous parle, j’ai peur de penser à l’avenir, car dans l’avenir c’est encore la solitude, encore cette vie renfermée, inutile ; et à quoi pourrai-je encore rêver quand, éveillé, à côté de vous, j’ai été si heureux ! » (page 49)

« Savez-vous que j’en suis au point de devoir célébrer l’anniversaire de mes sensations, l’anniversaire de ce qui avant m’était si cher et en réalité n’a jamais existé – car cet anniversaire se célèbre en mémoire toujours des mêmes sottes et immatérielles rêveries –, et de faire cela parce que même ces sottes rêveries n’existent pas, puisqu’il n’y a pas moyen de les vivre : même les rêves se vivent, n’est-il pas vrai ? » (page 51)

« Aujourd’hui, la journée a été triste, pluvieuse, sans éclaircie, comme ma future vieillesse. » (page 71)

« Ainsi, quand nous sommes malheureux, nous sentons plus fortement les malheur des autres ; le sentiment ne se défait pas, il se concentre… » (page 73)

« Je vous comparais tous les deux. Pourquoi n’est-il pas vous ? Pourquoi n’est-il pas comme vous ? Il ne vous vaut pas, et pourtant je l’aime plus que vous. » (page 79)

« Ne cherchez pas à me consoler, dit-elle en pleurant, ne me parlez pas de lui, ne me dites pas qu’il viendra, qu’il ne m’a pas abandonnée aussi cruellement, aussi inhumainement qu’il l’a fait. » (page 84)

« Mais il m’a blessé, il a offensé mon coeur. Je… je ne l’aime pas, parce que je ne peux pas aimer que ce qui est généreux, ce qui me comprend, ce qui est noble ; parce que je suis moi-même ainsi faite, et qu’il est indigne de moi : alors, grand bien lui fasse ! » (page 93)

« Mais à peine lui eut-elle tendu la main, à peine se fut-elle jetée dans ses bras, que soudain elle se retourna vers moi, se trouva à mon côté, comme le vent, comme l’éclair, et, avant que j’eusse recouvré mes esprits, me prit par le cou entre ses deux bras et fortement, chaudement, me donna un baiser. Puis, sans m’adresser un mot, elle s’élança de nouveau vers lui, lui prit les mains et l’entraîna derrière elle.
Longtemps je restai là à les suivre des yeux… Enfin tous deux ils disparurent. » (page 98)

« […] j’ai dit que je vous aimerais, et je continue à vous aimer, je fais plus que vous aimer. Ô Dieu, si je pouvais vous aimer tous deux à la fois ! Oh ! si vous étiez lui ! » (page 100)

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