lettre d'une inconnue

Lettre d'une inconnue

De Stefan Zweig

Sommaire

Résumé 

Une jeune femme dans une situation tragique écrit à l’homme qu’elle a aimé passionnément, depuis l’enfance, pour lui rappeler son histoire : de leurs trois nuits d’amour est né un enfant qu’elle a élevé seule. Elle cherche à renouer le fil de leur relation. 

Mais son ancien amant est un brillant séducteur, un écrivain qui jouit égoïstement des plaisirs de la vie. Pour lui, elle n’est qu’une femme parmi d’autres ; pour elle, il est tout. Peut-il se souvenir d’elle ? 

Dans cette poignante nouvelle, publiée en 1922, Zweig analyse les psychologies féminine et masculine avec une acuité rare. Entre amour et oubli, plaisir physique et profondeur spirituelle, cette histoire d’obsession amoureuse, cruelle et crue, est d’une stupéfiante modernité.

Caractéristiques 

Auteur : Stefan Zweig
Nombre de pages : 128
Année de parution : 1922
Éditeur : Folio (2018)

Notes 

« Mon enfant est mort hier – pendant trois jours et trois nuits, je me suis battue avec la mort pour sauver cette petite vie fragile. » (page 20)

« J’ai dormi trois ou quatre heures sur ma chaise et, pendant ce temps, la mort a pris mon enfant. » (page 20)

« Je le sais, je le sais, mon enfant est mort hier – je n’ai plus que toi au monde maintenant, plus que toi qui ne sais rien de moi, toi qui pendant ce temps joues sans te douter de rien ou badines avec les choses et les êtres. Je n’ai plus que toi, qui ne m’as jamais connue et que j’ai toujours aimé. » (page 21)

« Souffre, mon Amour, que je te raconte tout depuis le début, je t’en prie, que le quart d’heure pendant lequel je vais te parler de moi ne te lasse pas, comme toute ma vie je ne me suis jamais lassée de t’aimer. » (page 23)

« Les gens qui mènent une petite vie sont toujours curieux de la nouveauté qui frappe à leur porte. » (page 26)

« Je me suis rendu compte plus tard que ce regard qui enlace, qui titre à soi, enveloppe et déshabille à la fois, ce regard de séducteur-né, tu l’offrais à chaque femme qui te frôle, à chaque vendeuse qui te sert, à chaque femme de chambre qui t’ouvre la porte […] » (page 30)

« Seuls les enfants solitaires peuvent garder pour eux toute leur passion : les autres éparpillent leur sentiment en mondanités, les usent en confidences, ils ont beaucoup lu et entendu sur l’amour et savent que l’amour est un destin commun. Ils jouent avec lui comme avec une babiole, ils s’en vante comme les garçons se vantent de leur première cigarette. » (page 32)

« Tout ce qui n’avait pas de rapport avec toi n’existait pas ; n’avait de sens dans mon existence que ce qui était lié à toi. » (page 32)

« Ils me réconforteront et me diront des paroles, des paroles, des paroles… Mais en quoi pourront-elles m’aider ? Je sais bien, il faudra ensuite que je sois seule, de nouveau seule. Et il n’est rien de plus terrible que d’être seul parmi les hommes. » (page 41)

« Car l’amour, voire le seul jeu imaginaire avec l’amour pour quelqu’un d’autre que toi était inimaginable, que la seule tentation m’aurait déjà paru un crime. » (page 43)

« Et ce que dans son désir confus et ignorant, l’enfant qui autrefois avait appuyé sur la sonnette de ta porte ne pouvait imaginer, était désormais mon unique pensée : m’offrir à toi, me donner à toi. » (page 43)

« Je voulais te rencontrer, je te cherchais, je voulais enfin me faire connaître de toi après toutes ces années d’attente dans l’ombre, je ovulais que tu fasses attention à moi, je voulais être aimée de toi. » (page 45)

« Ce regard qui s’adresse aux femmes, ce regard tendre qui est le tien, qui enveloppe et en même temps déshabille, embrasse et déjà étreint, et qui a éveillé pour la première fois en l’enfant que j’étais une femme et une amoureuse. » (page 46)

« Je sais que c’est une habitude chez les femmes, même lorsque le désir de se donner est brûlant, de nier cette indisponibilités qui requiert d’abord d’être apaisée par des prières pressantes, des mensonges, des serments et des promesses. Je sais que seuls peut-être les professionnelles de l’amour, les prostituées, répondent à ce genre d’invitation avec ce même assentiment joyeux, ou alors, les toutes jeunes filles complètement naïves. » (page 51)

« Vois-tu mon amour, c’est pourquoi j’étais si heureuse quand j’ai appris que j’attendais un enfant de toi, et c’est pourquoi je te l’ai caché : parce que désormais tu ne pouvais plus m’échapper. » (page 58)

« Tout ce que la pauvreté est contraire de supporter d’humiliation et de honte psychiques et physiques, je l’ai vécu là, dans la promiscuité des prostituées et des malades, car notre sort commun nous vouait au même traitement d’infamie, j’ai enduré le cynisme des jeunes médecins qui remontaient le drap du lit avec un sourire plein d’ironie et attouchaient les patientes sans défense sous prétexte scientifique fallacieux […] » (page 59)

« J’ai gagné l’amour de tous ceux à qui je me suis donnée, ils m’ont tous remerciée, tous se sont attachés à moi, ils m’ont tous aimée – il n’y a que toi, il n’y a que toi, mon Amour, qui ne m’as pas aimée. » (page 63)

« Mais tu ne m’as pas reconnue. Non, tu ne m’as pas reconnue, jamais je ne t’ai été aussi étrangère qu’en cette seconde, car sinon… sinon, tu n’aurais pas pu faire ce que tu as fait quelques minutes plus tard. […] j’ai vu que tu glissais dans mon manchon quelques gros billets de banque. » (page 74)

« Il ne suffisait pas que tu m’oublies, il fallait encore que tu m’humilies. » (page 75)

« C’est seulement quand je serai morte que tu recevras de moi ce testament, celui d’une femme qui, de toutes les femmes que tu as connues, est celle qui t’a le plus aimé, et que tu n’as jamais reconnue, d’une femme qui t’a toujours attendu et que tu n’as jamais appelée. » (page 77)

Le Brouillon™,  c’est la newsletter dans laquelle on explore la quête de sens et de la connaissance :

Les dernières notes publiées :